CECCAROLI Alain

Né au Maroc en 1945, a toujours vécu et travaillé près de la Méditerranée.

Les oliviers millénaires
« Ces oliviers massifs, énormes, ventrus ou creusés de fissures profondes, bosselés, tordus, éventrés, évoquent de manière saisissantes des gnomes monstrueux, la face ricanante et figée d’esprits des bois englués en ces arbres comme des héros transformés en plantes et immobilisés à mi-chemin de leur métamorphose » Jacques Lacarrière, l’Eté grec.

Comme photographe, comme artisan de la mémoire de l’œil, j’ai toujours été passionné par la culture de l’histoire, telle que l’a animée et approfondie Fernand Braudel sur la Méditerranée.

Méditerranéen moi-même, né au Maroc, travaillant en Provence, faisant des terres du midi un des champs de mon expérience et de ma vie artistique, je n’ai cessé d’être confronté à tout ce que la Méditerranée avait de beau, de laid, de doux et de cruel.
L’arbre qui nous occupe ici a une histoire singulière. Elle est certainement la plus riche de celle de ses congénères dans la mesure où l’olivier ne dessine pas seulement une géographie mais où, offrant aliment aussi bien au corps qu’à l’esprit, il définit une manière de vivre et un imaginaire, autant dire toute une culture.

Autant que je me souvienne, j’ai toujours côtoyé l’olivier, enfant et adolescent lors de mes randonnées en Provence, puis au cours de mes recherches photographiques « pérégriantes » surle monde méditerranéen. J’ai un fort attachement à cet arbre, à son ombre à terre, si féminine, s’opposant à la masse obscure de son tronc.

J’ai débuté en 2013, en Espagne, sur la route de Morella, une série de portraits des arbres les plus vieux, répertoriés comme millénaires. Il s’agit d’oliviers « Farga », un arbre directement issu de l’empire Romain Mon projet, à long terme, est de parcourir le bassin méditerranéen pour découvrir cet héritage des civilisations passées, cette mémoire d’une collectivité et, à travers ces portraits, rendre un hommage aux générations de familles dépositaires de ce patrimoine.

En bref, obtenir un ensemble de portraits le plus complet pouvant représenter cet espace que l’olivier symbolise.
Alain Ceccaroli, septembre 2014