PAMPHYLE

Né en 1946 à Lyon, vit et travaille dans un petit village de l’Isére.

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Ce serait presque un conte, celui du peintre qui n’aime pas sa peinture. Toujours , entre elle et lui, s’interpose un motif, dont la trop présente réalité le gêne. Une tasse, un corps. Ce n’est pas ça qu’il veut, et c’est ça qu’il peint. Déçu par ces tableaux, il retourne à sa forge, et sculpte. Cela dure. Il sculpte beaucoup. Jusqu’au jour où, nul ne sait comment – et Pamphyle moins que quiconque – vient une peinture de l’intérieur. Selon son cœur, son sentiment, ses tripes. Une peinture qui occupe tout le plan, sans objet. Une peinture à elle-même son propre sujet.

Et depuis, Pamphyle peint, entre la griffe et la caresse, des tableaux palimpsestes, des tableaux de mémoires et de traces qui sont aussi mesure du temps.

Dans ces œuvres, qui ont renoncé à toute histoire, à toute anecdote, pour s’ouvrir à un espace méditatif et contemplatif, l’essentiel est dans le travail de la matière et dans le geste.

Une matière, des pigments naturels, où les couleurs de terre dominent que le peintre utilise pour mettre en valeur la simplicité des vieux crépis, des murs qui ont vécu. S’y inscrivent un poids de vie, une sérénité; des souffrances apaisées, des deuils dépassés; une sagesse, aussi, un détachement qui n’est pas indifférence, mais compréhension.

 Pamphyle est de ces peintres qui travaille par soustraction.

Obstinément, il ôte de la matière, il allége, il racle. A la recherche d’une origine, il met au jour le fond préparatoire. Traces régulières de la spatule créant des rythmes qui se retrouvent peu ou prou semblables d’une œuvre à l’autre, instaurant un vocabulaire de signes identifiables aisément, ou graphisme plus instinctif du stylet qui griffe. Il sacrifie ses surfaces, pour on ne sait quel rituel. C’est sa magie à lui. Il aime à opposer, mais sans violence, la patine des fonds et la lumière qui en sort, à la matité volontairement bornée de certaines parties du tableau; le mélange raffiné  de plusieurs nuances, à l’aspect rustique d’une terre posée dans toute sa simplicité. Ici, c’est trop plein de signes qui saturent l’espace, le hachurant d’une manière obsédante; là, le presque vide qui organise dans le plan de larges et calmes plages colorées.

La peinture de Pamphyle vit au rythme de ses paysages intimes.

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