Peintre et sculpteur
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La guerre, de Christiane Vollaire, 1996

Marc Perez est un chef de guerre.

Il lève une armée d’ombres, innombrable et jamais épuisée, incessamment renouvelée, renforcée et démultipliée à chaque toile, à chaque dessin, sur des supports de papier sauvage ou de toile brûlée. Des yeux sans visage surgissent, ou des visages aux yeux effacés, des bribes d’êtres bâillonnés, ligotés, mutilés, avancent irrésistiblement, sortent si fort qu’on sait qu’on ne pourra plus les faire rentrer. Puissants et castrés. Sans bras, sans visage identifiable. (suite…)

Un bâtard de Giacometti et de Bacon, de Michel Lequenne, 1997

Ces premières œuvres étaient loin d’être médiocre, mais ce qu’il crée depuis trois ans,appartient au plus fort de ce qui nait aujourd’hui. Le meilleur de l’art de notre siècle révèle toujours de l’humour noir, et il se fait de plus en plus noir au fur et à mesure que les décennies s’écoulent. Mais il faut que l’humour subsiste pour que l’œuvre ne sombre pas. Telle est celle de Perez, sorte de fils bâtard de Giacometti et de Bacon. (suite…)

Quel monde ? Notre monde ! de Michel Lequenne, 2001

L’art reflète-t-il le monde ? L’art qui le crut découvrit qu’il ne reflétait que des apparences idéalisées quand la photographie lui apporta le démenti de sa plate instantanéité. Sous ses rêves imagés, et au mieux ses utopies, l’intériorité qu’il cachait n’était accessible qu’à d’autres inconscients, aussi enchantés que ses images. Ce qu’il pouvait avoir d’intemporel, invisible à la plupart de ses contemporains, attendait la lucidité de notre lecture. (suite…)

Flaques d’êtres, d’Itzhak Goldberg, 2001

Il y a longtemps, Marc Perez peignait des façades. Des murs aveugles, grisâtres, aux portes fermées, séparés du spectateur par un parquet soigneusement délimité, parfois en damier. dans cet univers clos, traité selon des schémas géométrique, tout semble figé, arrêté. Le monde de l’artiste était un No man’s land pictural, intemporel. (suite…)

Un peuple de l’ombre, de Gilles Plazy, 2008

Ici, quelques-uns assemblés dans la lumière d’une galerie ou photographiés par l’éclat d’un livre, ici donc à leur avantage, ces personnages de terre, de vieux métal, de ficelles et de brindilles ne perdent rien, au contraire, de leur humilité et nous devons les accueillir avec le respect dû à ce qui se présente sans effet de prestige, et comme malgré soi, dans toute la dignité d’une existence qui ne réclame rien, et même sur laquelle il semblerait que notre regard ne se pose que dans l’indiscrétion. (suite…)

Corps combustibles, de Yvon Canova, extrait N°1, 2009

A quoi sommes nous renvoyés ? S’agit-il d’un manque ou de ce fameux vide, appelant à la résidence, qu’Abraham Aboulafia nomme Tsimtsoum ? Ce vide que nous sentons agir en nous dans nos entrailles ? A quoi marchent les personnages, les corps et les visages de Perez ? A quels combustibles tournent-ils, Au combustible du souffle et du langage ? Artaud écrit que la vie consiste à brûler des questions. (suite…)

Corps combustibles, de Yvon Canova, extrait N°2, 2009

Il y a chez Perez le courage d’une mal peinture, d’une peinture qui reste violemment ouverte, pas finie, mal finie. C’est une peinture qui se retourne contre l’art de peindre. Non seulement elle court ce risque, mais elle prend, avec la brutalité qu’accorde la nature aux créatures qui donnent la vie. La peinture de Perez est en gestation. Elle a un goût d’épices, d’argile neutre. (suite…)

Entretien avec Alexandra Bourré, juillet 2010

Vous avez souhaité, à l’occasion de ce catalogue, poursuivre cette conversation initiée en dans votre atelier pour une publication en 2008. En quoi ce type d’entretien est important pour vous ?

J’ai périodiquement besoin de mettre un peu au clair mes pensées, une conversation peut y participer, et à vrai dire, j’ai beaucoup de plaisir à lire les propos d’artistes que j’aime, propos très révélateurs, tout en étant généralement et curieusement à coté de l’œuvre. En tous les cas c’est un exercice difficile, il y a ce risque de « précipiter » les choses, au sens chimique du terme, c’est-à-dire de les figer… J’aime aussi lorsque les mots des poètes rencontrent mon travail, mais ceci est d’un autre ordre. Il est émouvant de voir combien les mots des autres peuvent parfois être bien plus justes que les siens, et c’est tant mieux sans doute… (suite…)

Ecrire comme on part

Ecrire, comme on part, écrire pour découvrir. (suite…)

Ne serait-ce que d’un pas …

Aller au delà de soi, comme pour se perdre de vue. (suite…)

Et si tout avait commencé là ….

Et si tout avait commencé là… J’y songe parfois en regardant cette photographie. (suite…)

La grande aventure

Je ne suis pas marin.
L’ai-je été dans une autre vie ? Cela m’amuse d’y croire.
Je ne suis pas marin mais je navigue, et mon bateau c’est l’atelier. (suite…)

Le banc de poissons de carthage

Créer c’est toujours parler de l’enfance.
Jean Genet


Tout ce temps, toute cette énergie déployée à vouloir grandir, et se rendre compte que les plus jolis moments étaient ceux de l’enfance…
De nombreux  petits souvenirs me ramènent à Tunis.
J’ai choisi ici de parler du souvenir de ce banc de Carthage, ce banc de céramique créé par mon oncle Nello Levy, peintre et céramiste de talent.
Sur la terrasse de notre maison de Carthage, mon père avait décidé de faire construire par mon oncle un banc fait d’une multitude de carreaux de faïence bleus et verts représentant des poissons tous différents donnant à l’ensemble l’apparence d’un bel aquarium sur lequel on pouvait s’assoir. (suite…)

1955

Trouve t-on dans l’année de naissance d’un artiste une des clés de l’œuvre ? (suite…)

Un po’di tutto

Certains petits souvenirs de l’enfance peuvent aider, par moment, à retrouver le chemin qui mène vers soi…
Il s’agit ici d’un petit souvenir gourmand, auquel j’ai repensé, étonnamment, lorsque l’on m’interrogea, au cours d’un de mes derniers vernissages, sur la matière avec laquelle je réalisais mes sculptures, et plus précisément mes barques chargées d’objets hétéroclites. (suite…)

Le Kram

La ville nommée par ce nom étrange « le Kram » m’a toujours renvoyé à un souvenir  bizarre. Cette ville, proche de Tunis, située en bord de mer et traversée par la route et la voix ferrée, reliant Tunis et les villes alentour a toujours représenté, pour moi, qu’un simple lieu de passage, un entre deux,  un « non lieu », pourrait on dire. (suite…)

Quelques mots

On me demande parfois « quelques mots »* sur mon travail.
De bonne grâce je m’y essaye, à chaque fois, me doutant bien pourtant que l’on ne peut écrire ou parler que uniquement à côté de son travail. (suite…)

Ventre mou

« Nous sommes le ventre mou de l’art contemporain », cette réflexion lancée par un de mes galeristes, Richard Nicolet, lors d’une foire d’art a laquelle nous participions ensemble, m’a amusé, puis y repensant , elle m’est apparue comme chargée d’un sens beaucoup moins léger qu’il n’y paraissait… (suite…)

Splatch !

Il y a des événements infimes, dont on se rappelle longtemps.
Ils sont comme des ponctuations légères, comme des  virgules balisant délicatement notre vie, ralentissant sa lecture pour l’éclairer un peu… (suite…)

La statue borgne

J’ai retrouvé il y a peu, chez ma tante Loly, la statue borgne que mon grand- père possédait à Tunis. (suite…)

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